«Je suis fier de moi et je sais de quoi je suis capable.»

Histoires

... écrites par la vie.

Rapport pratique - Newsletter Novembre 2013

Prendre racine nécessite du temps. Y compris dans le monde du travail.

La conception d'un jardin s'inspire des lois de la nature. À partir de plantes indigènes, le jardin se transforme en un écosystème qui offre un espace de vie à l'homme et à l'animal. Lors de son développement, l’utilisation de traitements coûteux et de produits chimiques est proscrite. «Telle est précisément notre approche», explique Andreas Kessler, gérant de Naturgärtner.ch à Schaffhouse. «Après une étude approfondie, nous intensifions le caractère expérimental du jardin en recréant un espace naturel sur une très petite superficie.»

Monsieur V. , quant à lui, sait fort bien que trouver et aménager un espace de vie prend du temps et nécessite un travail de planification. Alors qu'il était lycéen, Monsieur V. avait des problèmes psychiques. Il souffrait d'angoisses et de dépressions, raisons pour lesquelles il a dû interrompre sa formation scolaire sans aller jusqu'à la maturité. De longues années difficiles ont suivi, durant lesquelles il n'a pas su de quelle manière il souhaitait précisément aménager sa vie professionnelle. «Une seule chose était évidente pour moi», explique Monsieur V. aujourd'hui, «mon amour de la nature depuis mon enfance.» Aussi la décision, en 2009, de commencer un apprentissage en tant que jardinier dans un établissement horticole spécialisé dans les plantes indigènes fut une démarche qui s'inscrivait dans la logique. Après obtention de son diplôme, Monsieur V. ne parvenait toutefois pas à trouver un emploi fixe adapté. Lorsqu'il s'est présenté chez Ingeus en 2012, la profession qu'il souhaitait exercer était certes claire, mais ses candidatures étaient restées jusque-là sans succès. Christa Saalfrank, sa conseillère chez Ingeus, s'en souvient: «Monsieur V. était très motivé et souhaitait vivement travailler pour un paysagiste et ne plus dépendre de sa rente AI. Il se rendait plusieurs fois par semaine au pôle ressources afin de rédiger des candidatures.»

Une de ses candidatures lui a permis d'obtenir un entretien d'embauche chez Andreas Kessler. Monsieur V. a fait bonne impression et a obtenu un contrat de travail. Le premier jour de travail s'est toutefois mal passé, car il s'est avéré que Monsieur V. présentait des lacunes en horticulture. Monsieur Kessler s’explique à ce sujet: «Nous avons décidé de nous séparer immédiatement après le premier jour de travail. Suite à l'intervention de la conseillère Ingeus, nous avons cependant trouvé une autre solution en coopération avec le service de l'AI.» Grâce à l'instrument « placement à l’essai » du service de l’AI, il fut possible de donner à Monsieur V. l'opportunité d'acquérir de nouvelles connaissances en horticulture durant trois mois de stage et ainsi améliorer ses compétences. Monsieur Engelmann, le superviseur de Monsieur V., l'a encadré durant cette période en faisant preuve d'une grande compréhension. Rétrospectivement, il constate: «Au départ, Monsieur V. avait des difficultés à suivre le rythme de travail et allait beaucoup trop dans les détails. Cependant, il accomplissait un travail de qualité et sa connaissance des plantes était impressionnante.» Durant la période du placement à l’essai, tant Monsieur Kessler que Monsieur Engelmann ont constaté la motivation et les progrès réalisés par Monsieur V.. Lors d'un entretien destiné à faire le point, auquel toutes les parties ont participé, une prolongation de la période d'essai a été décidée et Monsieur Kessler a laissé percevoir la possibilité d'un emploi permanent pour la suite.

Monsieur V. a pu améliorer sensiblement la qualité de son travail et convaincre son chef durant cette nouvelle période. Il est embauché à 80% pour une durée indéterminée depuis le 1er octobre. Sa rente AI pourra certainement être supprimée. Ce parcours montre que, tout comme les plantes d'un jardin qui ont besoin de temps pour prendre racine, l'intégration dans le monde professionnel se fait dans la durée et nécessite de la patience, tant de la part des employés que des employeurs.

Rapport pratique - Newsletter Avril 2013

« Mettre la main à la pâte mène au succès. »

Monsieur Nkouly est un homme de 34 ans au parcours professionnel plutôt linéaire. Il a travaillé pendant une dizaine d’années dans le domaine de la construction, en tant que manœuvre et aide-maçon. Etant en bonne condition physique, il n’a pas hésité à accepter des emplois robustes, tel que celui de déménageur. Monsieur Nkouly a majoritairement connu l’instabilité des contrats de travail temporaires par l’intermédiaire d’agences de placements. Son dernier emploi en qualité d’aide-maçon s’est terminé en 2010.

Monsieur Nkouly a intégré le programme RI au sein de la mesure d’accompagnement Ingeus en mars 2012. Suite à une série d’événements difficiles vécus sur le plan privé, Monsieur Nkouly s’est présenté à nous comme un individu découragé par sa situation, mais avec une réelle volonté et un vif besoin de retrouver rapidement un emploi. Père de deux enfants, il a toujours eu comme priorité de subvenir aux besoins des siens. Ainsi, ayant à cœur de donner le meilleur à sa famille, il vivait dans des conditions extrêmement modestes, au point de réduire ses repas journaliers et limiter ses déplacements aux transports publics et à la marche.

Au fil de l’accompagnement Ingeus, Monsieur Nkouly s’est révélé être un candidat réceptif à fournir des efforts pour améliorer sa situation. Dans le but de former une équipe gagnante avec Monsieur Nkouly, les conseillers Ingeus ont déployé leur énergie respective et leurs nouvelles idées afin d’optimiser son dossier. Ses outils de recherches ont été remis à jour et améliorés. Monsieur Nkouly a également participé à plusieurs ateliers de groupe et a pu profiter des échanges avec les autres participants. Il s’est aussi prêté au jeu de différents exercices, dont une simulation d’entretien d’embauche avec une conseillère Ingeus, où il a obtenu un feedback très clair et plutôt encourageant. Monsieur Nkouly était invité à côtoyer régulièrement l’espace pôle ressources (ordinateurs en libre accès), notamment pour effectuer des appels téléphoniques aux entreprises sélectionnées pour ses trois projets professionnels. Il arrivait à Monsieur Nkouly de replonger dans des pensées d’inquiétude et de renfermement, en raison des réponses parfois cassantes. Les fréquents appels téléphoniques réalisés par sa principale conseillère l’ont motivé et maintenu dans une attitude active.

En parallèle, un conseiller Ingeus qui réalisait une activité de prospection intensive, a pu proposer et appuyer le dossier de candidature de Monsieur Nkouly en qualité de chauffeur-livreur de nuit pour une entreprise connue et stable, Les Boulangeries Polli. Son profil, rencontrant les attentes du poste, a été retenu et Monsieur Nkouly a été convoqué en entretien d’embauche. Résultat ? Monsieur Nkouly a décroché le poste ! Les actions réalisées par l’équipe Ingeus, combinées aux efforts fournis par Monsieur Nkouly, ont porté leurs fruits et mené au succès professionnel et à une meilleure qualité de vie pour Monsieur Nkouly. Aux dernières nouvelles, Monsieur Nkouly est toujours ravi de son nouveau rôle et de la stabilité que celui-ci lui procure. En effet, ayant auparavant connu principalement des expériences temporaires, celui-ci se réjouit de son actuel contrat fixe et peut maintenant continuer à construire son avenir.

Travailler dans la grande distribution

« Après la naissance de ma fille, j’ai essayé de retravailler mais sans véhicule et avec un enfant en bas âge, ce n’est pas évident de faire toutes ces recherches d’emplois. Toutes les portes semblaient fermées. J’étais un peu découragée. On m’a alors suggéré de signer un Contrat d’autonomie avec Ingeus. Ca a été un vrai déclic !

J’ai d’abord décroché un premier stage dans une grande surface, ce qui m’a permis de découvrir les métiers de la grande distribution. Ca m’a donné envie d’aller plus loin. Ma conseillère Ingeus m’a reçue au minimum une fois par semaine, pendant six mois. Elle m’a notamment aidée à rédiger les lettres de motivation et mon CV. Elle m’a surtout appris que quand on veut vraiment travailler, on finit par y arriver. Et pour y arriver, il faut tout tenter. Chaque fois que je recevais une réponse négative d’un employeur, ma conseillère était là pour me motiver. Elle m’a également donné plein d’idées d’endroits où postuler, auxquels je n’aurais pas forcément songé.

Grâce au Contrat d’autonomie, j’ai pris davantage confiance en moi. Je suis ravie de cette expérience. Si j’ai un conseil à donner aux jeunes comme moi, c’est de ne jamais baisser les bras. Si on sait exactement quel métier on veut faire, il faut frapper à toutes les portes, sans hésitations. »

Assistante de direction au sein d’une agence de communication

Corinne (nom changé) a commencé chez Ingeus en décembre. Jeune et dynamique, elle avait toujours travaillé dans le domaine bancaire, comme assistante administrative. Toutefois c’était un milieu dans lequel elle ne souhaitait pas retourner. Nous avons donc commencé à regarder pour quel poste ses compétences seraient transférables.

Après quelques semaines d’accompagnement, Corinne m’avoue qu’elle rêve de travailler dans la publicité. Cependant, elle n’a aucune compétence dans ce domaine. Nous discutons, réfléchissons et je finis par lui proposer de travailler dans une agence de communication. Nous avons donc monté son dossier et fait des postulations.

Aujourd’hui, Corinne est une heureuse assistante de direction au sein d’une agence de communication réputée. Tout se passe bien, « j’ai retrouvé le goût de me lever pour aller travailler. Cela faisait des années que cela ne m’était pas arrivé ».

Réel succès et John est très heureux

John (nom changé) est aide-électricien de métier, sans formation reconnue.

Malheureusement, suite à des drames privés, John a eu quelques années très difficiles à vivre, ce qui a provoqué des freins pour son retour à l'emploi. Que ce soit au niveau du dynamisme, du rythme de travail, du manque d'expérience pratique, des problèmes de santé physique et moral.

Petit à petit, John regagne en confiance, décide de redonner un nouvel élan à sa vie, se détache de ses "mauvaises fréquentations" et se remet sur le marché du travail, principalement dans sa branche, soit aide-électricien. Il enchaîne les missions temporaires, rencontre quelques problèmes au niveau physique et se rend compte qu'il n'a plus les conditions pour travailler sur les chantiers.

Depuis son entrée chez Ingeus en décembre 2010, nous avons défini un nouveau projet professionnel, soit un métier dans le domaine de la logistique.

Nous avons également décidé de ne plus postuler auprès des agences de placement pour aide-électricien, car c'était un cercle sans fin, qui durait depuis trop longtemps et qui fatiguait John.

John a trouvé une place de manutentionnaire (magasinier) au centre logistique de Migros, soit Le Shop.ch.

John a démarré le 23 février 2011, avec un contrat à 80%, indéterminé. C'est donc un réel succès et John est très heureux!, même si le travail est assez physique.